Peau d'âne

Christine Angot

« Peau d'âne ne connaissait rien, elle habitait une petite ville du centre de la France et n'avait rien vu de très extraordinaire. Sa mère, qui était très belle, l'aimait. Sa mère était d'origine juive, mais elle avait demandé à être baptisée, pour être comme ses copines Janine Mouchel, Janine Busseron. Il y avait un mimétisme entre Peau d'âne et sa mère. Un jour, le directeur financier de l'hôpital psychiatrique rattaché à la Sécurité Sociale où travaillait sa mère, avait dit, à la suite du Noël de Gireugne, puisque c'était le nom de cet hôpital : c'est incroyable le mimétisme. On était alors dans les années 70, ou à la fin des années 60, c'était la mode des jupes à godets, en tweed, et des pulls chaussettes, et bien sûr des manteaux maxi. La mère de Peau d'âne l'habillait toujours dans le même magasin, avec beaucoup de soins, Chez Caroline. Souvent c'était pour prendre des uniformes bleu marine, des jupes bleu marine, des pulls bleu marine, des chemisiers blancs, et pas de pantalons, ces petites filles n'avaient pas droit aux pantalons, sauf s'ils étaient portés sous les jupes, l'hiver. Les pantalons étaient considérés comme indécents à cette époque. La mère de Peau d'âne n'avait pas le droit d'en porter non plus au début à la Sécurité Sociale, le directeur, Monsieur Feignon, l'avait interdit. Avec la mère de Peau d'âne Monsieur Feignon avait essayé, elle l'appelait le père Feignon, elle ne l'aimait pas. L'école de Peau d'âne était une école de filles, une école privée. Pourquoi ? Parce que sa mère, qui était si belle, n'était pas mariée avec le père de Peau d'âne, et à l'époque c'était extrêmement rare. »

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I hate those people on the tube, with their smug little noses in their smug little ereaders, while my poor finger muscles are exhausting themselves over bits of paper (bits of what?) and having to use two hands to get a story into my brain whilst juggling my bag and my coat and my book and my jealousy.

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